Mars
2012

L'actualité du Mois

Les Propos de Mr Guéant ne sont pas représentatifs de la France
Par Gilles Marchand



Nous sommes beaucoup à être choqués et à déplorer les déclarations tapageuses de l'actuel ministre de l'intérieur. La France mérite mieux que ces syllogismes approximatifs.


Il est triste de constater qu'une telle dérive est possible dans la bouche d'un interlocuteur privilégié du débat public français et qu'elle puisse arriver, déformée, à ceux des africains qui attendent de la France sur une vision ouverte et inspirée. Il y a mieux à dire et à faire pour rétablir une vraie relation de confiance entre le vieux continent et son homologue africain. Tant de gestes positifs qui sont en réalité faits, mais qui sont éclipsés par l'aspect provocateur de phrases prononcées dans le cadre d'émissions à priori anodines, mais où on a la fâcheuse tendance de distiller de petites phrases qui gomment beaucoup du reste. De tels propos sont interprétés pour ce qu'ils sont, c'est à dire l'expression irrespectueuse d'une vision électoraliste étroite et la marque individuelle d'une conception négative de l'altérité, ce qui donne à notre pays une image ternie très différente de ce qu'il est réellement. Cinq ans de cette conception restrictive, entamée avec le discours de Dakar, ont abimé l'image de notre pays à l'étranger et en Afrique en particulier.

Cette parenthèse sombre est en train de se refermer.



La France n'est pas raciste. Elle compte en son sein des gens qui sont submergés par la nouveauté et la modernité de situations auxquelles on ne les a pas préparés, et donc éprouvent un sentiment de déclassement que les gestes et les décisions appropriées permettraient certainement d'inverser, mais ce n'est pas un pays raciste. L'esprit français véritable est fait d'un subtil mélange d'ouverture et de curiosité pour tout ce qui n'est pas lui-même. Les français peuvent être patriotes mais ils ne sont généralement pas chauvins, car s'ils aiment leur pays pour tout ce qu'il peut leur offrir d'exceptionnel, ils ont su en réinventer constamment la modernité en en faisant une terre d'accueil au cours de l'histoire, capable après une génération d'intégrer des gens du monde entier. C'est pourquoi il est à la fois une sorte de nation d'immigrants au sens où Kennedy l'entendait des Etats-Unis et un pays aux racines profondes où les lignées humaines vont courir jusque loin dans la terre meuble de l'Histoire. Un pays qui a su cultiver au plus haut degré un tel éclectisme au cours de celle-ci ne peut s'être, en quelques années, rangé aux principes xénophobes d'une frange étroite de sa classe politique. Les messages basés sur des conceptions ségrégationnistes dictent des comportements et des déclarations qui choquent les vrais républicains de ce pays, et ne sont que de mauvaises réponses apportées à des questions qui ne se poseraient pas si elles étaient correctement traitées. Un pays qui a élu Omar Sy, Jamel Debbouze, Yannick Noah et Zinedine Zidane, comme ses représentants préférés ne peut pas être raciste. Le succès d'Intouchables est lui aussi significatif d'un désir de pratiquer en France une tolérance face à la différence, quelle soit raciale, sociale ou basée sur le handicap… Toute la culture de ce pays plaide en faveur d'une différence vécue comme une richesse et d'une égalité fondée comme une valeur fondamentale, au même titre que la liberté prononcée pour la première fois dans l'histoire dans cette langue, comme un facteur d'amélioration de sa prospérité et de fraternité. Aux africains qui se demandent si la France serait devenu un pays qu'ils n'arriveraient plus à comprendre il faut répondre que la période intermédiaire  s'achève et que la vraie France, celle qu'ils aiment et qu'ils ont connue, est de retour. Nous vivons les derniers soubresauts d'un régime qui a cherché à diviser les français.



Qui a exploité toutes les aspérités médiatiques pour distiller ses conceptions brutales, qui a été jusqu'à pratiquer des formes de contrôle physiques et morales exagérées sur les individus, sur la presse, sur la justice, sur l'école, sur l'hôpital, sur le logement, sur la police, sur les transports, sur les médias… Un pouvoir qui a tenté de verrouiller les formes décisionnelle alternatives en ruinant les collectivités publiques, ce qui lui a permis au passage de perdre le Sénat, fait inédit dans l'Histoire de la cinquième république. A l'issu de ce parcours quasi chaotique, le pays se retrouve dans une situation qui, elle, est catastrophique : Un million de chômeurs en plus dont 80 000 enseignants translatés en chômage ou à la retraite, un déficit commercial abyssal à 70 milliard d'euros, des 350 000 emplois détruits, 75 milliards de cadeaux fiscaux sur les deniers de l'état, une dette qui a augmenté de 615 milliards, 4 millions de personnes sans couverture sociale, 350 000 personnes ont basculé dans la pauvreté causant des souffrances sociales inouïes, une insécurité qui a augmenté, une TVA en hausse et la perte du triple A. Nous avons affaire à une bien piètre pantomime, car on a pas cité ici toutes les erreurs autres faites, et elles sont nombreuses. Chacun les verra émerger en son for intérieur, dans le creux de sa mémoire. C'est à tout le moins le résultat d'une promotion de cancres.

Un Bilan archi négatif pour le pays.



Une régression et une dégradation qui s'observe physiquement sur le paysages. Les pavés affleurent à Paris et dans les grandes villes, les terres-pleins ne sont plus entretenus, des autorisations ont été accordées qui défigurent davantage les entrées des agglomérations. Le pays est en définitive abîmé et on veut nous faire croire que nous ne serions pas seigneurs et maitres de notre jugement. Nous avons observé, nous avons vu, et nous comprenons que l'idéologie néolibérale qui anime cette soit-disant majorité est en réalité nocive quand elle est appliqué indifféremment à un état ou à une entreprise. Les solidarités collectives et la comptabilité nationale ne souffrent pas d'une mise en coupes réglées, d'une exploitation des masses au prorata des critères de rentabilité rigides qui annihilent toute considération humaine réelle dans le processus de création de richesse.  L'argent avant l'homme, tel est le triste bilan de cette équipe. Les suicides en entreprises sont symptomatiques d'une déshumanisation, d'une brutalité absurde là encore, encore inédite. Ils appellent dans ces cas où des hommes et des femmes ont été poussés à bout, à la toute dernière extrémité, une absence de mansuétude retour sans faille. Il est temps de dégager une équipe qui a l'heur et le culot de laisser penser qu'elle peut avoir une quelconque chance d'être reconduite sous prétexte qu'elle assène ses messages aux masses par le biais d'un audiovisuel lui même contraint de reprendre le boucle sa diatribe ultralibérale. Oui, nous français, nous peuple de France, sommes courroucés d'entendre pérorer des gens qui feraient mieux par les temps qui courent d'adopter des profils bas, et de ne pas ruer dans les brancards d'une cohésion nationale qu'ils mettent à bas. Avec de tels comportements, on croit reconnaître le geste que fit un jour un dirigeant israélien en allant se promener à l'Esplanade des mosquées. Il gagna des voix mais le processus de paix fut durablement  remis en cause et une nouvelle intifada commença : agiter les extrémismes pour solliciter les instincts les plus primaires. Cette équipe a déjà réalisé ce beau strike en 2005.

Ce n'est pas la France que nous voulons.



La France que nous voulons, c'est un grand pays apaisé et inventif, un pays ouvert sur le monde extérieur et imaginatif. Un pays heureux de se reprendre en main. Un pays où il y aura de la place pour tous. Où les jeunes ne seront pas un problème, mais bien une des solutions auxquelles la France aspire. Où les artisans et les patrons trouveront les prêts dont ils ont besoin. Où les foyers trouveront des prêts immobiliers. Où les citoyens auront les chances auxquelles ils veulent avoir accès. Qu'on ne vienne plus ternir la conception que nous nous faisons de nous-mêmes. Qu'on ne vienne plus agiter des peurs qui nous défigurent. Qu'on ne vienne plus nous contraindre à la plus sinistre des dépossessions. Notre identité est une et indivisible, mais elle est en même temps variée et multiple. Nous sommes saturés des discours manipulateurs d'une clique qui distribue les postes stratégiques de la république, qui cherche à tromper les français, qui fait en sorte, volontairement ou pas d'ailleurs, qu'ils soient moins bien informés, moins bien éduqués, moins bien soignés, moins bien logés, moins bien employés, moins bien  cultivés, qui ne fait qu'essayer de parer au sauve-qui-peut général de son camps.



 La France de 2012 sera aussi celle de ces gens. Elle les conservera en son sein, mais elle ne se laissera plus abuser par leurs préceptes frauduleux. Elle instaurera de nouvelles relations sociales, plus apaisées, plus respectueuses de tous et de chacun.  Une nouvelle Europe, réinventant harmonieusement sa relation à l'Afrique. Un renversement se produira. Nous passerons alors à nouveau de la nuit au jour…


Février 2012

Placez un signet sur cette page qui dresse un tableau mensuel inédit de l'actualité...

Retour au sommaire

  INFORMATIONS SANS FRONTIERES • contact
Infos